Test Castlevania : Belmont’s Curse – Le bon Paris de Konami

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18 ans après le dernier Castlevania tout à fait original en 2D, Konami remet enfin le couvert. Souhaitant visiblement rappeler à tout le monde qui est à l’origine du genre aux côtés de Metroid, l’éditeur a confié son bébé à Evil Empire, qui s’est chargé des DLC de Dead Cells , dont l’un était justement consacré à Castlevania. Un pari plus que réussi, qui accouche d’un excellent jeu dont les défauts sont en réalité davantage issus d’une prudence déférente et de quelques choix que d’erreurs de parcours. Voici donc Castlevania : Belmont’s Curse , ou la nouvelle guerre contre Dracula et ses sbires.

Conditions de test : Castlevania : Belmont’s Curse a été testé sur une PS5 standard à l’aide d’une version Deluxe fournie par l’éditeur. Nous y avons passé une trentaine d’heures, frôlant de peu le 100 %. Nous avons joué avec les paramètres classiques, activant de temps à autres quelques réglages de la difficulté via les options disponibles. Le nom des entités liées aux cartes a été mis de côté afin de préserver au maximum la surprise.

Les joueurs les plus jeunes connaissent parfois Castlevania de nom ou ont joué aux deux épisodes dotés du sous-titre Castlevania. Konami ayant un temps réduit à peau de chagrin son activité dans le jeu vidéo, on ne pouvait pas espérer un retour marquant de la franchise. Mais depuis la relance de Silent Hill, Konami est de retour en jouant la carte des partenariats. Des studios motivés se voient confier certaines licences, et Castlevania en fait partie.

Il faut croire que Konami a été séduit par le travail réalisé par Evil Empire sur l’extension de Dead Cells qui lui était dédiée. Le studio bordelais a donc pu se mettre au travail sur Castlevania : Belmont’s Curse , comme pour bien marquer son territoire, a choisi la France et plus particulièrement le Paris du XVe siècle pour placer son histoire.

Comme pour ne pas avoir à se poser de question sur la filiation, Castlevania : Belmont’s Curse se situe peu après Castlevania III: Dracula’s Curse et intègre en partie les éléments scénaristiques de la série animée Netflix. On y retrouve donc Rose Belmont, qui débarque dans la cité française en compagnie de son père, Trevor. Maudite par un mal lié au seigneur des ténèbres, Rose doit enquêter.

Le mal semble se répandre dans la ville et des créatures semblent être à la base de quelque chose de plus grand. Évidemment, Dracula, qui refuse d’ailleurs de mourir définitivement, est de la partie, aidé par plusieurs sbires et personnages tout à fait réussis.

Le scénario de Castlevania : Belmont’s Curse reste somme toute classique, mais s’intègre extrêmement bien dans le lore de la franchise, et le choix d’Evil Empire d’utiliser des personnages issus de l’histoire de France, de différentes mythologies ou du panthéon conçu au fil de l’histoire par Konami fonctionne à merveille. Ils donnent du corps à l’ensemble tout en enrichissant le gameplay et en donnant envie d’utiliser l’ensemble des mécaniques proposées. Là-dessus, encore une fois, on tire notre chapeau aux personnes ayant développé cette dimension du titre.

Voilà une action que Sakura la chasseuse de cartes n’aurait pas renié ! // Source : ActuGaming

Toute la première partie du jeu, qui fait office de tutoriel particulièrement dodu, se déroule dans les rues, les égouts et les catacombes de Paris, ainsi que dans le cimetière des Innocents. De quoi placer des références à des lieux emblématiques tout en laissant apercevoir Notre-Dame de Paris au fond. On est tout de suite pris par la qualité de la direction artistique et le défilement des décors dotés d’un effet de parallaxe.

Que les choses soient dites : le titre est sublime, et un joueur de Dead Cells saura reconnaître la patte de Motion Twin et d’Evil Empire. Motion Twin est d’ailleurs crédité en tant que studio de conseil sur Castlevania : Belmont’s Curse . À cet instant, la seule chose qui peut déranger et troubler, c’est la relative lenteur de Rose lorsqu’elle se déplace normalement et le caractère flottant de ses sauts.

L’ensemble contraste avec le dynamisme des pirouettes et des combats, par ailleurs d’une précision redoutable. Cet étrange sentiment colle au gameplay des titres les plus anciens et prestigieux, mais on pouvait envisager qu’un titre sortant en 2026 opte pour un chemin différent. On s’y fait malgré tout et ça ne pose pas vraiment de problème pour progresser. Rose peut glisser, sauter de mur en mur, se baisser et sauter normalement, le tout étant progressivement enrichi de nouvelles capacités et d’outils, le premier d’entre eux étant une forme de grappin.

Du côté des armes, la progression est rythmée par la découverte de nouveaux moyens de taper sur le bestiaire, par ailleurs assez varié. Sept types d’armes sont au programme, des poings à différents types d’épées, en passant par le fouet ou encore la lance. Chaque type d’arme est associé à des versions plus puissantes qu’on découvre au fil de l’aventure, certaines d’entre elles étant particulièrement bien cachées.

Ce n’est qu’un bout du labyrinthe qu’est Castlevania : Belmont’s Curse // Source : ActuGaming

Castlevania : Belmont’s Curse réussit d’ailleurs parfaitement sur le plan de l’exploration, avec d’immenses niveaux bourrés de recoins cachés, d’accès bloqués et de passages dont l’ouverture ne peut se faire qu’après avoir résolu une énigme. Il arrive qu’on comprenne la mécanique tout de suite, mais il est parfois nécessaire de fouiller chaque zone à la recherche d’indices, puis de revenir plusieurs heures après afin d’être en mesure d’utiliser une capacité nécessaire.

Que ce soit dans Paris ou dans le château, Castlevania est un immense labyrinthe dont on maîtrise petit à petit la configuration et dont on raccourcit les distances grâce aux miroirs de vie (qui font également office de points de sauvegarde) et à quelques ascenseurs. Si les allers-retours sont très nombreux, ils restent toujours agrémentés de nouvelles découvertes et de retours dans des lieux mystérieux.

À ce sujet, sachez que le titre permet, via sa carte, de placer des icônes, histoire de savoir où retourner et pourquoi. Outre la variété des environnements, la découverte d’éléments utiles, de secrets et de moyens d’augmenter la mana et la vie, Castlevania : Belmont’s Curse brille très franchement par son système de cartes de tarot.

L’apparente tranquillité du cimetière… // Source : ActuGaming

Rose se voit remettre par l’intermédiaire de son père un jeu de cartes fort mystérieux créé par sa mère afin de la protéger. Il s’avère que certains des ennemis du jeu, faisant souvent office de boss ou de rencontres marquantes, peuvent être capturés dans ces cartes. Ils deviennent ainsi des interlocuteurs de Rose et un élément scénaristique fort, mais également des pourvoyeurs de pouvoirs.

Boule de feu, enchaînement, croix projetées, vague de flammes ou encore pétrification font partie des choses que Rose peut acquérir pendant son aventure, mais ça ne s’arrête pas là. Les cartes de tarot de Castlevania : Belmont’s Curse et les entités qui leur sont liées ont généralement plusieurs effets supplémentaires. Pour les obtenir, il faut relever des défis associés. On parle d’éliminer des ennemis de différentes façons ou de créer des situations particulières. C’est incitatif, car ça lie l’exploration à l’envie d’en savoir plus sur l’univers et les personnages, tout en poussant à se servir des différents pouvoirs.

De plus, certaines cartes sont difficiles à obtenir et demandent de bien connaître la carte pour savoir où chercher en tirant parti des indices. Castlevania : Belmont’s Curse offre peut-être le système le plus malin qu’on ait vu dans un metroidvania depuis un moment, car il n’est pas toujours évident de parvenir à lier les différents aspects d’un jeu à travers son gameplay et le système de progression imaginé. Au final, on se retrouve avec plus de 25 armes, différentes capacités – dont une parade servant aussi à faire disparaître certains obstacles – et de nombreux pouvoirs qui traduisent une véritable montée en puissance, et autant dire qu’elle est nécessaire.

On aurait souhaité avoir encore plus de boss, mais tous ont été très bien conçus et les derniers peuvent donner envie de s’arracher les cheveux tant ils exigent une bonne, voire une excellente maîtrise du gameplay. Il n’est pas rare d’aller prendre quelques niveaux ou de partir en quête d’une arme plus puissante avant de revenir, même si les fans hardcore du genre devraient s’en sortir.

La jouabilité s’adapte à l’expérience et aux goûts de chacun // Source : ActuGaming

Si c’est trop difficile, sachez que Castlevania : Belmont’s Curse intègre plusieurs options de gestion de la difficulté, permettant à chacun d’adapter au mieux le défi proposé. Il est ainsi possible d’activer la réapparition devant la salle des boss, de réduire ou d’augmenter les dégâts infligés et reçus, ou simplement d’ajouter des potions de soin pour avoir plus de latitude sans toucher aux combats en eux-mêmes.

Pour celles et ceux qui ressentiraient une frustration trop importante sur une séquence donnée, il est même possible d’activer l’immortalité. Cette option peut aussi être utilisée si vous voulez simplement retraverser les niveaux sans perdre de temps. Tout est activable ou désactivable à tout moment, laissant à chacun le choix de ce qu’il active ou non.

L’accessibilité est donc aussi bien pensée pour abaisser le niveau de difficulté que pour s’offrir un challenge sans aucun compromis. Evil Empire n’impose rien et les paramètres par défaut de Castlevania : Belmont’s Curse offrent un équilibre de base tout à fait satisfaisant.

On évoquait les affrontements, évidemment au cœur de l’expérience, mais il ne faudrait pas oublier les challenges liés à certaines phases de plateforme ou l’énorme quantité de pièges disséminés dans les différentes zones. Certains doivent absolument être traversés pour progresser, mais d’autres, souvent les plus retors, permettent d’aller chercher des armes cachées, des charmes ou encore des quarts de « cœur » ou de mana. À ce sujet, sachez que les charmes permettent d’affiner encore davantage le build de Rose en fonction de ses envies et des besoins du moment.

Et un plan culte, un ! // Source : ActuGaming

Bon, et sinon, il a des défauts ce Castlevania : Belmont’s Curse ? Eh bien, oui, évidemment, mais ils ne pèsent finalement pas lourd au regard de la qualité globale du titre et de sa générosité. Les déplacements classiques de Rose, c’est-à-dire lorsqu’elle marche, ainsi que ses sauts classiques, peuvent perturber, surtout lorsque l’action s’emballe.

Certaines mécaniques ne sont pas ou peu expliquées, notamment celle qui autorise le voyage rapide entre les miroirs d’une même zone (un conseil : accroupissez-vous devant eux après avoir joué un peu sans les utiliser autrement que pour sauvegarder), et au moins deux cartes peuvent donner la migraine tant leurs conditions d’obtention sont tordues. La lisibilité peut également parfois pâtir du fait que les environnements soient très détaillés ou que de nombreux effets visuels s’affichent en même temps.

Quant à la fluidité, elle est parfois, et assez mystérieusement, mise à mal par de petites saccades qu’il semble tout à fait possible de corriger. Enfin, Evil Empire montre une telle déférence envers la licence que le fan service est parfois un peu jeté à la figure des joueurs. Konami a demandé un Castlevania, Evil Empire a fait un Castlevania, n’osant que peu secouer les codes de la licence.

Mais cela relève d’une qualité ou d’un défaut selon le type de joueur que vous êtes. Nous, on aurait aimé que ce retour, excellent au demeurant, pose les bases d’une forme d’évolution. On trouvera toujours quelqu’un pour dire que ça change trop en raison de plein de petites choses, mais ce n’est pas le ressenti général que nous avons eu avec Castlevania : Belmont’s Curse .