TEST Castlevania Belmont’s Curse : le grand retour qu’on espérait pour le metroidvania de Konami ?
Après une décennie d’absence, Castlevania reviendra enfin le 15 octobre 2026 sur PS5, Xbox Series, PC et Nintendo Switch avec Castlevania Belmont’s Curse. Voici notre test.
Également rapportée par ActuGaming, jeuxvideo.com, Gamekult
Douze ans. C’est le temps qui nous sépare désormais de la sortie de Castlevania: Lords of Shadow 2 , dernière entrée dans la franchise de Konami développée par MercurySteam. Une attente interminable pour les fans, qui touche enfin à sa conclusion grâce à l’arrivée de Castlevania Belmont’s Curse , un nouvel opus en 2D signé Evil Empire. Car oui, après Silent Hill ou encore Metal Gear Solid, l’heure est venue pour l’éditeur japonais de ressortir du placard une autre de ses franchises les plus emblématiques, qui revient donc sur le devant de la scène entre les mains des créateurs de Dead Cells: Return to Castlevania et The Rogue Prince of Persia . Mais ce retour est-il réellement à la hauteur des attentes que l’on pouvait en avoir ?
Konami s’est montré parfaitement clair à ce sujet : Castlevania Belmont’s Curse est pensé pour offrir à la série un véritable « retour aux sources » . Et cela commence donc par l’histoire du jeu, qui trouve ses racines dans des épisodes comme Dracula’s Curse et Curse of Darkness, respectivement sortis en 1989 et 2005. L’intrigue, qui se déroule en l’an 1499 à Paris, met en scène Trevor Belmont, aka l’homme qui a vaincu Dracula, en compagnie d’une nouvelle arrivante : Rose Belmont, sa fille. Et la présence de cette dernière est loin d’être anodine, puisque c’est en réalité à travers elle que nous allons vivre cette nouvelle aventure, qui consiste ni plus ni moins qu’à enquêter sur un mystérieux mal mettant à feu et à sang les rues de la capitale française.
Un point de départ relativement simple, donc, qui nous amène sans surprise jusqu’à l’une des traditions de Castlevania : prévenir le grand retour du comte Dracula, dont il faut une fois de plus stopper les méfaits. Mais avec un titre comme celui d’Evil Empire, la destination est assurément moins importante que le voyage lui-même. Car si l’on sait d’entrée de jeu où tout cela va bien pouvoir nous mener, le fait est que nous devons d’abord en passer par une multitude de rencontres diverses et variées, qui confèrent tout son charme à Castlevania Belmont’s Curse. Avec, dans le lot, des visages bien connus des fans de la première heure, comme Death, Carmilla ou encore Medusa, mais aussi un grand nombre de nouveaux venus, dont Jeanne d’Arc.
Et c’est sans doute ce que l’on retiendra le plus de l’histoire de ce nouvel opus, qui multiplie grâce à cela les interactions somme toute sympathiques, parfois amusantes, entre tous les membres de ce casting haut en couleur, qui accompagne Rose dans ses aventures pendant une quinzaine d’heures. Il s’agit d’ailleurs d’un moyen efficace mis en œuvre par le studio pour approfondir davantage encore le lore de la franchise, avec des références aux anciens opus qui vont non seulement parler aux plus connaisseurs, mais aussi aux néophytes qui découvrent Castlevania avec cet opus – et dont je fais justement partie. Oui, Konami et Evil Empire voulaient en faire une nouvelle entrée ouverte à tous, et on peut dire que c’est une réussite.
Cette volonté d’ouvrir les portes de la franchise se ressent également à travers le gameplay de Castlevania Belmont’s Curse qui, à défaut de chercher à bouleverser les codes du genre, a le mérite de les appliquer avec un certain talent. Si vous avez déjà approché un metroidvania par le passé, vous ne serez ainsi aucunement dépaysé par le jeu d’Evil Empire, qui propose comme on pouvait s’y attendre un parfait mélange d’exploration, de combat et de plateforme dans des niveaux relativement labyrinthiques et tortueux. Pour les traverser, Rose dispose alors de la panoplie de mouvements habituelle, même si certains d’entre eux comme le dash ou le double saut par exemple n’arrivent que très tardivement au cours de l’aventure.
Il faut dire qu’avant cela, le studio bordelais a surtout cherché à mettre en avant un élément emblématique de la série qui lui tenait réellement à cœur, à savoir le fouet, dont l’utilité ne se résume pas à se défaire de ses ennemis. Ici, il s’agit également d’un outil indispensable pour pouvoir progresser dans les différents niveaux, que ce soit en se balançant d’un point à un autre ou en se propulsant dans les airs pour pouvoir atteindre de nouvelles zones. Ce qui est une excellente idée pour un metroidvania, même si l’exécution à proprement parler laisse parfois à désirer. On ne compte en effet plus les fois où l’on s’est retrouvé à pester contre un saut raté dû au manque de précision du gameplay sur ce point.
Heureusement, on ne peut pas dire non plus que Castlevania Belmont’s Curse soit un jeu particulièrement porté sur la difficulté. Bien sûr, il peut avoir ses moments avec des phases de plateforme assez retorses ou des combats de boss capables de nous en faire voir de toutes les couleurs. Mais dans l’ensemble, il s’agit d’un metroidvania hautement accessible, très éloigné de titres comme Hollow Knight, Ori ou encore Prince of Persia: The Lost Crown en termes de pics de difficulté. En sachant que, pour les joueurs qui en ressentiraient le besoin, Evil Empire propose tout de même un « mode Personnalisé » permettant de modifier l’équilibrage du jeu à sa guise (nombre de potions, dégâts reçus et causés, etc.) pour une expérience plus adaptée.
Pour autant, ne pensez pas non plus que cela fait de Castlevania Belmont’s Curse un énième metroidvania parmi tant d’autres. Oui, le jeu reste plutôt traditionnel dans son approche globale du genre, mais il arrive également avec des spécificités lui conférant une véritable personnalité. À commencer par le jeu de tarot dont dispose Rose, qui sert à la fois l’histoire comme le gameplay. Légué par sa mère, Sypha Belanders, il dote la nouvelle héroïne d’une certaine forme de magie, les Arcanes, qui est représentée par tous les antagonistes que l’on doit poursuivre et débusquer dans les rues de Paris comme ailleurs. Ce qui, dans un premier temps, prend alors la forme d’une sorte d’enquête basée sur la découverte de multiples indices.
Car plus l’on explore les environnements qui nous entourent, et plus l’on trouve des éléments susceptibles de nous révéler l’emplacement des différents boss du jeu. Bien sûr, Castlevania Belmont’s Curse n’étant pas un jeu d’enquête à proprement parler, cela se fait la majeure partie du temps le plus naturellement du monde, sans demander le moindre investissement particulier de la part du joueur. Evil Empire sait où il souhaite nous emmener, et il y a une certaine continuité logique dans notre progression. Mais cela n’empêche pas certains antagonistes de bénéficier d’un traitement un peu plus particulier, qui nous permet alors d’approfondir notre enquête pour comprendre par nous-mêmes comment réussir à leur mettre la main dessus.
Cela était toutefois sans doute difficilement applicable à l’ensemble des boss du jeu dans le sens où, et c’est là que le tarot revêt toute son importance dans le gameplay, chaque antagoniste vaincu nous donne accès à des pouvoirs et capacités inédites, dont certaines indispensables pour pouvoir continuer l’aventure et atteindre de nouvelles zones. Au total, ce sont ainsi près d’une dizaine de pouvoirs très différents qu’il est possible d’obtenir en cours de route, chacun étant inspiré du personnage auquel il appartenait à l’origine. De quoi renouveler aussi efficacement que naturellement les combats tout au long du jeu, donc, en sachant que Castlevania Belmont’s Curse dispose d’un chouette bestiaire relativement varié.
Outre les différents Arcanes, le titre d’Evil Empire mise également sur un total de sept familles d’armes pour aider le joueur à varier les plaisirs durant les nombreux affrontements du jeu, qui peuvent aussi bien être appréhendés avec le fouet emblématique de la franchise qu’avec différents types d’épées, une lance ou encore des armes de poing. À chacun, ensuite, de se faire la build qui lui correspond le mieux ; en sachant que l’exploration permet non seulement d’obtenir des versions plus puissantes de chaque arme au fur et à mesure, mais aussi de trouver toutes sortes de reliques offrant des buffs divers et variés au personnage. Sans oublier, non plus, la possibilité d’obtenir de quoi augmenter peu à peu ses jauges de santé et de mana.
Et Castlevania Belmont’s Curse a beau ne pas opposer une grande difficulté, cela ne reste tout de même pas du luxe, en particulier durant les combats de boss. Car il faut tout de même l’avouer, derrière leur mise en scène souvent très spectaculaire se cache aussi des affrontements qui peuvent vite devenir brouillons face à la rapidité des mouvements de l’adversaire et à l’accumulation d’effets visuels à l’écran. Forcément, la lisibilité en prend donc un sacré coup, et il en devient presque frustrant de se dire que la victoire repose davantage sur la chance de pouvoir spammer les bonnes attaques au meilleur moment que sur notre capacité à apprendre à lire le pattern du boss pour pouvoir réagir en conséquence.
Cela étant dit, c’est sans doute aussi le meilleur moyen de témoigner de la prouesse artistique dont est capable de faire preuve le nouveau titre d’Evil Empire, tant sur le plan visuel que sonore. Car après un The Rogue Prince of Persia dont le style visuel aura quelque peu divisé une partie du public, nul doute que Castlevania Belmont’s Curse parviendra davantage à mettre tout le monde d’accord avec sa patte graphique absolument somptueuse. Des rues incendiées de Paris à ses sombres catacombes, en passant par Notre-Dame et les entrailles du dangereux mais splendide château de Dracula, ce nouvel opus est un véritable régal pour les yeux. Mention spéciale, d’ailleurs, aux éclairages et aux nombreux détails qui fourmillent dans l’environnement pour leur donner vie.
Impossible non plus de ne pas glisser quelques mots sur la qualité de la bande originale du jeu, pour laquelle le studio bordelais a de nouveau fait appel aux talents d’ASADI. Compositeur de l’extraordinaire bande-son du dernier titre d’Evil Empire, il nous livre alors encore une fois une partition tout simplement exceptionnelle, qui achève de conférer à ce Castlevania Belmont’s Curse une ambiance des plus délicieuses, à mi-chemin entre le gothique rétro et le moderne électro. Cela plaira-t-il aux fans de la première heure ? Peut-être pas. Mais le résultat n’en reste pas moins mémorable, et nous ferait presque oublier l’absence de VF, qui reste toujours regrettable pour un jeu développé en France… et se déroulant à Paris.